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Pourquoi mon argent disparaît dans mon commerce ?
Vous vendez. L'argent entre. Pourtant, quelques jours plus tard, vous avez l'impression qu'il n'y a plus rien. Votre commerce continue de fonctionner. Les clients achètent. La caisse encaisse. Les marchandises sortent. Vous réapprovisionnez. Et malgré tout, arrive un moment où vous regardez votre compte ou votre caisse et vous vous demandez : « où est passé tout mon argent ? »
Votre argent ne disparaît probablement pas. Il se déplace. Il change de forme : il devient du stock, une créance chez un client, un paiement fournisseur. Votre travail consiste à comprendre où il va, combien de temps il y reste, et quand il revient.
Vous avez peut-être réalisé 1 million, 3 millions, 5 millions ou davantage de chiffre d'affaires. Mais lorsqu'un fournisseur vous demande son paiement, vous hésitez. Lorsqu'une dépense imprévue arrive, vous cherchez de l'argent. Et lorsque la fin du mois approche, vous avez parfois cette impression étrange : vous avez beaucoup travaillé, mais vous n'avez presque rien à la fin.
Ce problème ne signifie pas forcément que votre commerce ne marche pas. Et il ne se règle pas forcément en vendant davantage. Une entreprise peut augmenter ses ventes, être rentable sur le papier, et pourtant manquer de liquidités. Plus elle grandit, plus elle peut même avoir besoin de financer son stock, ses fournisseurs, ses salariés et ses autres coûts avant de récupérer l'argent de ses ventes. La première chose à comprendre est donc simple : votre argent ne disparaît pas, il circule, et tout l'enjeu est de savoir où.
1. Le premier piège : croire que tout l'argent encaissé vous appartient
Prenons un exemple. Vous êtes commerçant. Pendant le mois, votre activité réalise 5 000 000 FCFA de ventes. Vous regardez ce chiffre et vous vous dites : « j'ai fait 5 millions. » Mais vous n'avez pas gagné 5 millions. Vous avez vendu pour 5 millions. Ce n'est pas la même chose.
Supposons que, pour réaliser ces ventes, vous ayez dû dépenser :
Il reste 500 000 FCFA. Et même ces 500 000 FCFA ne représentent pas forcément votre trésorerie réelle. Pourquoi ? Parce qu'une partie de vos ventes peut avoir été faite à crédit. Une partie de votre argent peut être immobilisée dans le stock. Certains fournisseurs peuvent encore être à payer. Certaines dépenses peuvent arriver la semaine suivante.
Votre chiffre d'affaires est donc une information importante. Mais il ne répond pas à la vraie question : « combien puis-je réellement dépenser aujourd'hui sans mettre mon commerce en difficulté ? »
2. Chiffre d'affaires, bénéfice et trésorerie : trois choses différentes
C'est probablement la première distinction que tout entrepreneur devrait maîtriser. Quatre notions se ressemblent et sont pourtant très différentes.
Le chiffre d'affaires, c'est essentiellement ce que vous avez vendu sur une période. Dans notre exemple, 5 000 000 FCFA. Cela ne signifie pas que vous avez gagné 5 millions.
La marge, c'est ce qu'il vous reste sur vos ventes après le coût direct des marchandises vendues. Si vous achetez un produit 5 000 FCFA et le revendez 7 000 FCFA, votre marge brute sur cette vente est de 2 000 FCFA, avant les autres charges.
Le bénéfice, c'est ce qui reste après avoir pris en compte l'ensemble des charges selon les règles comptables applicables.
La trésorerie, c'est l'argent effectivement disponible pour faire face aux paiements. Et c'est ici que les entrepreneurs se font souvent piéger.
Vous pouvez avoir un bon chiffre d'affaires, une marge correcte, un bénéfice, et malgré tout peu de liquidités aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que le bénéfice mesure une performance économique, tandis que la trésorerie mesure une capacité de paiement à un moment donné. Ce sont deux questions différentes, et confondre les deux conduit à des décisions dangereuses.
3. Le meilleur exemple : vous avez vendu, mais votre argent est chez le client
Imaginons que vous vendiez 500 000 FCFA à un client. Mais le client vous paiera dans 30 jours. Votre vente existe. Votre chiffre d'affaires augmente. Mais votre compte bancaire n'augmente pas aujourd'hui de 500 000 FCFA. Vous avez donc créé une vente sans créer immédiatement une disponibilité de cash.
Pendant ce temps, votre fournisseur veut être payé, votre salarié attend son salaire, votre propriétaire attend son loyer, votre transporteur doit être payé. C'est le décalage entre le moment où l'argent sort et le moment où l'argent revient qui crée une grande partie des problèmes de trésorerie.
4. Votre argent peut être caché dans votre stock
C'est probablement encore plus important pour un commerçant. Supposons que vous ayez 1 500 000 FCFA en caisse et en banque. Vous décidez d'acheter 1 000 000 FCFA de marchandises. Après l'achat, vous avez 500 000 FCFA de liquidités et 1 000 000 FCFA de stock supplémentaire.
Votre argent n'a pas disparu. Il a changé de forme. Il est passé de liquidité à marchandise. Votre objectif est ensuite de transformer ce stock : marchandise, puis vente, puis encaissement, puis à nouveau liquidité. Mais si vos produits ne se vendent pas rapidement, votre argent reste bloqué à mi-chemin, sous forme de cartons sur une étagère.
5. Le piège du stock qui donne l'impression d'être riche
Imaginez deux commerçants.
| Commerce A | Commerce B | |
|---|---|---|
| Stock | 3 000 000 FCFA | 1 500 000 FCFA |
| Trésorerie | 200 000 FCFA | 1 000 000 FCFA |
Lequel semble le plus riche lorsqu'on regarde simplement le magasin ? Probablement le premier : ses rayons sont pleins. Mais lequel peut plus facilement payer une dépense urgente de 300 000 FCFA ? Le deuxième.
Cela montre quelque chose d'essentiel : la valeur de votre stock n'est pas la même chose que votre argent disponible. Un stock qui tourne vite peut être très utile. Un stock qui dort peut devenir une prison pour votre trésorerie.
6. Comment savoir si votre stock mange votre trésorerie ?
Faites ce calcul. Prenez la valeur d'achat de votre stock actuel. Puis demandez-vous : combien de temps faut-il en moyenne pour transformer ce stock en ventes puis en argent encaissé ?
Prenons un exemple. Vous avez 3 000 000 FCFA de stock moyen, et vous consommez ou vendez en moyenne 300 000 FCFA de coût de marchandises par semaine.
Votre stock représente donc environ 10 semaines de marchandises. Cela signifie qu'une partie importante de votre argent peut rester immobilisée pendant plusieurs semaines. Le concept financier derrière cette logique est le DIO (Days Inventory Outstanding), qui mesure approximativement combien de jours le stock reste immobilisé avant d'être vendu. Vous n'avez pas besoin de maîtriser toute la comptabilité financière : retenez simplement que plus votre argent reste longtemps dans des marchandises qui ne se vendent pas, plus votre trésorerie est sous pression.
7. Mais attention : réduire le stock n'est pas toujours la solution
Il serait dangereux de conclure : « il faut avoir le moins de stock possible. » Non. Trop peu de stock peut provoquer des ruptures. Une rupture signifie : client prêt à acheter, produit indisponible, vente perdue, et parfois un client qui part chez le concurrent.
Le véritable objectif est donc de trouver un équilibre : assez de stock pour vendre correctement, mais pas tellement que votre argent reste inutilement immobilisé. C'est une décision de gestion. Et c'est exactement pourquoi il est utile de relier stock et trésorerie, plutôt que de gérer les deux séparément.
8. L'autre endroit où votre argent peut être bloqué : vos clients
Faites maintenant la liste de toutes les personnes ou entreprises qui vous doivent de l'argent.
| Client | Montant dû | Date prévue |
|---|---|---|
| Client A | 150 000 FCFA | J+2 |
| Client B | 300 000 FCFA | J+7 |
| Client C | 200 000 FCFA | J+20 |
| Client D | 100 000 FCFA | Inconnue |
| Total | 750 000 FCFA |
Vous pourriez dire : « on me doit 750 000 FCFA. » C'est vrai. Mais votre trésorerie ne doit pas forcément considérer ces 750 000 FCFA comme disponibles. Pourquoi ? Parce qu'une créance n'est pas encore un encaissement. Si le client D ne paie finalement que dans deux mois, ses 100 000 FCFA ne vous aideront pas à payer votre fournisseur demain.
9. Commencez à distinguer trois types d'argent
C'est une méthode extrêmement utile.
- Argent disponible : ce que vous pouvez réellement utiliser maintenant.
- Argent attendu : ce qui doit entrer prochainement.
- Argent hypothétique : ce que vous espérez recevoir, mais dont la date ou la certitude n'est pas suffisamment fiable.
Ne mélangez jamais les trois. Parce qu'une entreprise peut sembler riche lorsqu'elle additionne argent disponible, argent attendu et argent espéré. Mais ses fournisseurs, eux, veulent être payés avec de l'argent disponible.
10. Maintenant, regardons vos fournisseurs
C'est l'autre côté du problème. Vous devez peut-être 200 000 FCFA à un fournisseur, 150 000 FCFA à un autre, 100 000 FCFA à un troisième. Vous avez donc 450 000 FCFA de dettes fournisseurs. Mais tout n'est pas nécessairement à payer aujourd'hui.
C'est ici que la date devient aussi importante que le montant. Ne notez pas seulement « fournisseur : 450 000 FCFA. » Notez : quand dois-je réellement payer ? Parce que 450 000 FCFA à payer aujourd'hui et 450 000 FCFA à payer dans 45 jours ne créent pas la même pression sur votre trésorerie.
11. Votre argent est donc pris dans un cycle
Pour un commerce, on peut simplifier votre activité ainsi : vous avez de l'argent, vous achetez des marchandises, votre argent devient du stock, vous vendez, le stock devient une créance ou de l'argent, le client paie, l'argent revient, vous réinvestissez, et le cycle recommence.
Le problème apparaît lorsque le cycle devient trop lent. Vous achetez rapidement, vous vendez lentement, vous accordez du crédit, vous encaissez tard, vous payez vos fournisseurs rapidement. Votre argent reste donc immobilisé pendant une longue période. C'est ce qu'on appelle le cycle de conversion de trésorerie.
12. Un exemple concret du cycle
Imaginez que votre stock mette 40 jours à être vendu, que vos clients vous paient en moyenne après 20 jours, et que vous payiez vos fournisseurs après 30 jours.
Cela signifie que votre entreprise doit financer environ 30 jours de décalage entre la sortie de l'argent et son retour. Ce nombre n'est pas automatiquement « bon » ou « mauvais » : il faut le comparer à votre activité et surtout observer son évolution. Mais il permet de comprendre pourquoi deux entreprises ayant le même chiffre d'affaires peuvent avoir des besoins de trésorerie très différents.
13. Maintenant, le problème des petites dépenses
Nous arrivons à une fuite beaucoup moins spectaculaire, mais souvent très coûteuse. Imaginez que vous dépensiez 7 000 FCFA par jour pour diverses petites choses non suivies.
Vous venez potentiellement de transformer une dépense qui semblait insignifiante en 2,52 millions de FCFA par an. Bien sûr, toutes les petites dépenses ne sont pas inutiles. Le problème est de ne pas savoir combien elles représentent réellement.
14. Faites cette expérience pendant 7 jours
Pendant une semaine, notez absolument chaque sortie d'argent. Même 1 000 FCFA, 2 000 FCFA, 5 000 FCFA, 10 000 FCFA. Ne jugez pas encore. Classez simplement dans six catégories : marchandises, charges, transport, personnel, dépenses personnelles, autres.
À la fin des 7 jours, additionnez chaque catégorie. Vous découvrirez peut-être que votre problème n'est pas là où vous pensiez. C'est souvent l'exercice le plus simple, et le plus révélateur.
15. Le problème que beaucoup refusent de regarder : les retraits personnels
Si vous utilisez la caisse du commerce comme votre portefeuille personnel, votre entreprise devient très difficile à lire. Supposons que vous retiriez 25 000 FCFA lundi, 15 000 FCFA mercredi, 30 000 FCFA vendredi, 20 000 FCFA dimanche.
Et pourtant, si personne ne note ces retraits, vous pouvez finir le mois en disant : « je ne comprends pas pourquoi il manque de l'argent. » Il ne manque peut-être rien. L'argent a été retiré. La différence est fondamentale : dans un cas, votre commerce a un problème ; dans l'autre, vous vous êtes simplement payé sans le mesurer.
16. Maintenant, faisons le véritable diagnostic
Prenez votre activité et remplissez trois blocs. D'abord, l'argent disponible aujourd'hui : caisse, banque, Mobile Money professionnel. Ensuite, l'argent qui doit entrer dans les 7 prochains jours : client A, client B, autres ventes certaines. Enfin, l'argent qui doit sortir : fournisseurs, salaires, loyer, transport, autres charges.
17. Exemple complet
À première vue, tout va bien : vous finissez la semaine avec 750 000 FCFA. Mais nous n'avons pas terminé, car ce chiffre final cache l'essentiel.
18. Il faut maintenant regarder le calendrier
750 000 FCFA à J+7 ne signifie pas nécessairement que vous êtes tranquille chaque jour de la semaine. Imaginez le déroulé jour par jour :
| Jour | Mouvement | Solde |
|---|---|---|
| Aujourd'hui | 800 000 | |
| J+1 | +150 000 client | 950 000 |
| J+2 | −400 000 fournisseur | 550 000 |
| J+3 | −150 000 salaire | 400 000 |
| J+4 | +100 000 vente | 500 000 |
| J+5 | −250 000 achat | 250 000 |
| J+6 | +200 000 client | 450 000 |
| J+7 | +300 000 vente | 750 000 |
Votre solde final est de 750 000 FCFA. Mais votre niveau le plus bas a été de 250 000 FCFA, au jour 5. C'est ce chiffre qui mérite votre attention. Pourquoi ? Parce que si une dépense imprévue de 200 000 FCFA apparaît à J+5, votre entreprise ne dispose plus que de 50 000 FCFA. Vous venez de découvrir une notion essentielle : le point bas de votre trésorerie.
19. Le chiffre le plus important n'est pas toujours votre solde
Vous pouvez avoir 1 000 000 FCFA aujourd'hui et finir la semaine avec 700 000 FCFA. Cela semble rassurant. Mais si vous passez par 80 000 FCFA au milieu de la semaine, votre activité peut être en tension avant de remonter.
Une projection de trésorerie sert justement à voir les creux avant qu'ils ne deviennent des urgences. Les modèles de prévision à court terme mettent l'accent sur le niveau minimal de trésorerie et sur les échéances futures, plutôt que sur le seul solde actuel. Autrement dit, ce n'est pas « combien j'ai à la fin » qui compte le plus, mais « jusqu'où je descends au milieu ».
20. C'est ici que les décisions deviennent plus intelligentes
Reprenons notre exemple. Vous avez 800 000 FCFA aujourd'hui. Un fournisseur vous propose 500 000 FCFA de marchandises. Votre première réaction : « j'ai 800 000, donc je peux acheter. »
Mais regardons la projection. Après l'achat, il reste 800 000 − 500 000 = 300 000 FCFA. Puis viennent le salaire (−150 000), le loyer (−100 000), le transport (−50 000). Vous arrivez à 0 FCFA, et nous n'avons même pas encore considéré une urgence.
Votre problème n'était donc pas « je n'ai pas assez d'argent pour acheter. » Votre problème était « cet achat consomme pratiquement toute ma marge de sécurité. » C'est une manière beaucoup plus juste de raisonner.
21. La question à poser avant chaque décision importante
Avant d'acheter une grosse quantité de marchandises, de payer un fournisseur, de retirer une somme importante, de recruter, de faire un investissement ou de financer une dépense personnelle, posez-vous ces trois questions :
- Combien me restera-t-il immédiatement après ?
- Combien me restera-t-il après mes paiements certains ?
- Quel sera mon niveau de trésorerie au point le plus bas des prochains jours ?
Si vous ne connaissez pas la réponse à la troisième question, vous prenez probablement votre décision avec une vision incomplète.
22. Et si vous pouviez simuler la décision avant de la prendre ?
C'est une habitude extrêmement puissante. Imaginez que votre trésorerie actuelle soit de 1 200 000 FCFA et que vous envisagiez un achat de stock de 400 000 FCFA. Au lieu de simplement soustraire, vous simulez deux scénarios.
Scénario B : je n'achète pas maintenant. Trésorerie : 950 000 FCFA. Vous perdez peut-être une opportunité de stock, mais vous conservez davantage de liquidités. La décision n'est donc plus « acheter ou ne pas acheter ? » mais « quel scénario donne le meilleur équilibre entre opportunité commerciale et sécurité financière ? » C'est une manière beaucoup plus mature de piloter un commerce.
23. Vous avez besoin de deux visions
La vision rétrospective répond à « qu'est-ce qui s'est passé ? » Elle permet de comprendre les dépenses, les ventes, les marges, les pertes, les erreurs.
La vision prospective répond à « qu'est-ce qui risque de se passer ? » Elle permet de prévoir les tensions, planifier les achats, anticiper les paiements, décider si une dépense est supportable, protéger une réserve de trésorerie.
Les deux sont nécessaires. Mais lorsqu'une décision doit être prise aujourd'hui, la deuxième devient particulièrement importante.
24. Votre tableau de pilotage minimal
Si vous voulez commencer dès aujourd'hui, surveillez au minimum ces indicateurs :
| Indicateur | Ce qu'il vous dit |
|---|---|
| Trésorerie actuelle | Ce que vous avez maintenant |
| Encaissements à 7 jours | Ce qui doit entrer bientôt |
| Décaissements à 7 jours | Ce qui doit sortir bientôt |
| Trésorerie minimale prévue | Votre point de tension |
| Stock | Argent immobilisé |
| Créances | Argent encore chez les clients |
| Dettes fournisseurs | Argent que vous devrez sortir |
| Dépenses personnelles | Argent retiré du business |
| Marge | Ce que vos ventes génèrent réellement |
Avec cela, vous commencez déjà à voir votre commerce autrement : non plus comme une caisse qui monte et descend, mais comme un système d'argent en mouvement.
25. Mesurez votre vitesse de récupération de l'argent
Prenons 1 000 000 FCFA investis dans des marchandises. Vous les vendez progressivement. Si vous récupérez votre argent en 15 jours, votre capital tourne rapidement. S'il faut 60 jours, le même million reste immobilisé beaucoup plus longtemps.
Et si, pendant ces 60 jours, vous devez continuer à acheter, payer les charges et financer votre activité, vous aurez besoin de davantage de liquidités. C'est exactement le problème que le cycle de conversion de trésorerie cherche à mesurer. Réduire le temps pendant lequel l'argent est immobilisé peut libérer de la trésorerie sans nécessairement augmenter les ventes.
26. Les trois leviers pour récupérer plus vite votre argent
Lorsque votre trésorerie est sous pression, il existe trois grands endroits à regarder.
Levier 1, faire tourner le stock plus vite. Quels produits se vendent lentement ? Lesquels restent trop longtemps en stock ? Lesquels immobilisent le plus d'argent ? Lesquels génèrent réellement une marge intéressante ?
Levier 2, encaisser plus rapidement. Qui me doit de l'argent ? Depuis combien de temps ? Quand cette personne doit-elle payer ? Mes conditions de paiement sont-elles adaptées ? Est-ce que je laisse trop facilement du crédit ?
Levier 3, mieux synchroniser les paiements. Quelles factures doivent réellement être payées maintenant ? Quels fournisseurs ont accordé un délai ? Quelles dépenses peuvent être planifiées ou attendre ?
L'objectif n'est pas de ne jamais payer. L'objectif est de synchroniser les sorties et les entrées d'argent.
27. Ne cherchez pas à résoudre votre trésorerie uniquement en vendant plus
C'est l'une des erreurs les plus dangereuses. Supposons que vous vendiez actuellement 3 000 000 FCFA par mois et que vous décidiez de passer à 5 000 000 FCFA. Pour y arriver, vous devez acheter davantage de stock, peut-être recruter, augmenter le transport, accorder davantage de crédit aux clients.
Votre activité grossit. Mais votre argent sort encore plus rapidement avant de revenir. Vous pouvez donc créer une situation paradoxale : plus de ventes, plus de besoins de financement, plus de tension de trésorerie. Une croissance rapide peut effectivement aggraver un problème de trésorerie lorsque les coûts nécessaires pour générer les nouvelles ventes sont payés avant l'encaissement correspondant.
La question n'est donc pas seulement « comment vendre plus ? » mais « combien de trésorerie supplémentaire cette croissance va-t-elle consommer avant de me rapporter de l'argent ? »
28. Le test ultime : connaissez-vous votre trésorerie à J+7 ?
Essayez maintenant. Sans regarder votre comptabilité complète, écrivez votre trésorerie disponible aujourd'hui, puis pour chaque jour jusqu'à J+7, les entrées, les sorties et le solde. À la fin, identifiez le plus petit solde prévu : c'est votre point bas sur les 7 prochains jours.
Puis posez-vous cette question : « suis-je à l'aise avec ce niveau ? » Si la réponse est non, vous avez déjà identifié un problème avant qu'il ne devienne une urgence. C'est exactement le but : voir venir, plutôt que subir.
29. Le même exercice avant votre prochaine grosse dépense
Vous envisagez une dépense de 300 000 FCFA. Faites deux projections. Situation actuelle : trésorerie minimale prévue 400 000 FCFA. Après la dépense : trésorerie minimale prévue 100 000 FCFA.
La dépense est techniquement possible. Mais elle réduit fortement votre marge de sécurité. Vous pouvez alors chercher une troisième option : dépenser 150 000 FCFA aujourd'hui, puis le reste plus tard. La projection transforme alors une décision binaire (acheter ou ne pas acheter) en une décision stratégique : combien acheter, quand acheter, et quel niveau de trésorerie préserver.
30. C'est exactement là que Kora Gestion entre en jeu
Faire tout cela manuellement est possible. Mais lorsque votre commerce fonctionne tous les jours, vous ne voulez pas passer votre temps à construire des tableaux. Vous voulez surtout répondre rapidement à des questions comme : combien ai-je réellement disponible ? Combien dois-je payer cette semaine ? Combien dois-je recevoir ? Quel sera mon solde dans quelques jours ? Puis-je acheter cette marchandise maintenant ? Que se passe-t-il si je dépense 300 000 FCFA ?
C'est précisément la logique de Kora Gestion. Au lieu de regarder uniquement votre situation actuelle, Kora vous aide à piloter la trajectoire de votre trésorerie. Vous renseignez vos mouvements, et Kora vous aide à visualiser ce que vous avez, ce qui doit entrer, ce qui doit sortir, ce qu'il vous restera, et l'impact de vos décisions.
- Enregistrez chaque mouvement. Ventes et dépenses passent par Caisse : chaque sortie a une catégorie, rien ne disparaît.
- Voyez l'argent immobilisé. Produits et stock montre la valeur de votre stock ; le Carnet montre ce que les clients vous doivent.
- Lisez votre trésorerie. Le Tableau de bord réunit caisse, banque et Mobile Money, et votre bénéfice réel du jour.
- Décidez avant d'agir. Avant un gros achat, regardez ce qui doit encore entrer et sortir, et gardez votre marge de sécurité.
31. Alors, où votre argent disparaît-il réellement ?
Après tout ce que nous venons de voir, vous pouvez probablement commencer à répondre. Il peut être :
- Dans votre stock, parce que vous avez réinvesti avant d'avoir vendu.
- Chez vos clients, parce que vous avez vendu mais pas encore encaissé.
- Chez vos fournisseurs, parce que vos paiements et vos encaissements sont mal synchronisés.
- Dans vos charges, parce que votre activité coûte plus cher que vous ne le pensez.
- Dans vos petites dépenses, parce que leur accumulation est invisible.
- Dans vos retraits personnels, parce que vous mélangez parfois le portefeuille personnel et la caisse.
- Dans des produits peu rentables, parce que vous regardez les ventes mais pas assez la marge.
- Dans de mauvaises décisions de timing, parce que vous regardez votre argent aujourd'hui sans regarder vos obligations de demain.
Le véritable problème n'est donc pas toujours « je ne gagne pas assez. » Il peut être : « je ne sais pas suffisamment bien où mon argent est immobilisé, quand il reviendra, et ce que mes décisions vont faire à ma trésorerie. » Vous n'avez pas forcément besoin de vendre deux fois plus. Vous avez peut-être d'abord besoin de mieux faire circuler l'argent que votre activité génère déjà.
32. Votre plan d'action pour les 7 prochains jours
Voici ce que vous pouvez faire, un geste par jour :
- Calculez votre vraie trésorerie. Additionnez caisse, comptes bancaires professionnels et Mobile Money professionnel. Ne comptez pas votre stock, ni les factures non encaissées, ni l'argent qu'on vous promet.
- Listez toutes vos sorties. Notez toutes les dépenses prévues, même celles qui semblent petites.
- Listez vos encaissements. Classez-les en certain, probable, incertain. Ne mélangez pas les trois.
- Faites votre projection à J+7. Calculez votre solde jour par jour et identifiez le point le plus bas.
- Analysez votre stock. Repérez les produits qui tournent vite, ceux qui tournent lentement, ceux qui immobilisent beaucoup d'argent.
- Regardez vos clients débiteurs. Combien vous doivent-ils ? Quand doivent-ils payer ? Quels paiements sont fiables ?
- Prenez une décision. Une seule action : réduire une dépense, retarder un achat, accélérer un encaissement, écouler un stock dormant, négocier un délai, ou préserver une réserve.
L'objectif n'est pas de tout changer en une journée. L'objectif est de commencer à piloter votre argent plutôt que de le découvrir après coup.
33. La question à vous poser chaque matin
Pas « combien ai-je ? » mais « qu'est-ce qui va arriver à mon argent ensuite ? » Combien va entrer ? Combien va sortir ? Quel paiement approche ? Quel achat est prévu ? Quel client doit payer ? Combien mon stock immobilise-t-il ? Et surtout : si je prends cette décision aujourd'hui, où sera ma trésorerie dans 7 jours ?
C'est cette question qui transforme progressivement un entrepreneur qui constate en entrepreneur qui anticipe. Vous ne devez pas attendre que votre caisse soit vide pour découvrir que vous avez un problème. Un paiement important qui arrive, un stock trop élevé, un client qui paie en retard, une grosse dépense prévue : pris séparément, aucun de ces événements ne semble dramatique. C'est leur succession qui crée le problème. C'est pourquoi la trésorerie ne devrait pas être regardée uniquement à la fin du mois. Elle devrait être pilotée avant les décisions importantes.
En résumé
Si votre argent semble disparaître dans votre commerce, ne regardez pas uniquement vos ventes. Regardez votre trésorerie disponible, votre stock, vos créances clients, vos dettes fournisseurs, vos charges, vos retraits personnels, vos petites dépenses, votre marge, vos paiements futurs, et surtout votre trésorerie projetée.
Parce qu'un entrepreneur ne devrait pas découvrir qu'il manque d'argent le jour où il doit payer. Il devrait pouvoir le voir venir suffisamment tôt pour agir. Votre argent ne disparaît pas. Il circule. La question est de savoir où il va, quand il revient, et ce qu'il vous restera lorsque toutes vos obligations auront été payées.
Voyez votre argent avant qu'il ne vous manque
Kora suit vos mouvements et vous montre votre trésorerie non seulement telle qu'elle est aujourd'hui, mais telle qu'elle va évoluer avec les mouvements que vous prévoyez. 30 jours gratuits, sans carte bancaire.
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