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Comment faire un tableau de trésorerie simple ?
Vous avez 600 000 FCFA aujourd'hui. Demain, vous pensez recevoir 150 000 FCFA. Après-demain, vous devez payer 200 000 FCFA. Dans quatre jours, un fournisseur réclame 180 000 FCFA. Dans cinq jours, vous devez payer 250 000 FCFA de salaires. Et dans sept jours, vous avez normalement 300 000 FCFA d'encaissements clients. Vous regardez votre compte aujourd'hui : 600 000 FCFA, tout semble aller bien. Mais est-ce réellement le cas ?
Le solde bancaire est une photographie, la trésorerie est un film. Un tableau de trésorerie suit ce qui entre et ce qui sort, jour par jour, et révèle votre point bas, souvent plus important que votre solde final.
C'est impossible à savoir avec le seul solde actuel. Pourquoi ? Parce que votre problème n'est pas uniquement « combien ai-je aujourd'hui ? » Votre problème est « comment mon argent va-t-il évoluer au cours des prochains jours ? » C'est exactement ce qu'un tableau de trésorerie permet de visualiser. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, vous n'avez pas besoin d'un système compliqué : pour une petite entreprise, un tableau bien construit peut déjà répondre à des questions essentielles comme vais-je pouvoir payer mon fournisseur, aurai-je assez pour les salaires, puis-je acheter du stock, quand ma trésorerie risque-t-elle de devenir faible, combien puis-je réellement dépenser. La trésorerie n'est donc pas simplement un chiffre : c'est une trajectoire.
1. Le solde bancaire ne vous dit pas ce qui va arriver
Imaginez deux entreprises. Elles possèdent toutes les deux 500 000 FCFA aujourd'hui. L'entreprise A, dans les sept prochains jours, prévoit +600 000 FCFA d'encaissements et −300 000 FCFA de dépenses. L'entreprise B prévoit +100 000 FCFA d'encaissements et −550 000 FCFA de dépenses.
Aujourd'hui, 500 000 FCFA pour les deux. Mais leur situation future est complètement différente : l'entreprise A termine la période avec 800 000 FCFA, l'entreprise B avec 50 000 FCFA. Le solde actuel était identique, la trajectoire ne l'était pas. C'est pourquoi regarder uniquement votre compte bancaire revient à conduire une voiture en regardant uniquement dans le rétroviseur.
2. Qu'est-ce qu'un tableau de trésorerie ?
Un tableau de trésorerie est simplement un outil qui permet de suivre ce qui entre et ce qui sort sur une période donnée. On peut le faire jour par jour, semaine par semaine ou mois par mois. Pour un petit commerce qui connaît beaucoup de mouvements, une vision quotidienne ou hebdomadaire peut être particulièrement utile.
3. Le tableau le plus simple possible
Commencez avec quatre colonnes : date, entrées, sorties, solde.
| Date | Entrées | Sorties | Solde |
|---|---|---|---|
| Jour 1 | 0 | 0 | 600 000 |
| Jour 2 | 150 000 | 50 000 | 700 000 |
| Jour 3 | 100 000 | 200 000 | 600 000 |
| Jour 4 | 0 | 180 000 | 420 000 |
| Jour 5 | 0 | 250 000 | 170 000 |
| Jour 6 | 200 000 | 50 000 | 320 000 |
| Jour 7 | 300 000 | 100 000 | 520 000 |
Vous venez de construire une première vision de votre trésorerie. Et une information importante apparaît immédiatement : votre point bas est de 170 000 FCFA au jour 5. Ce chiffre est souvent plus important que votre solde final.
4. Pourquoi le point bas est si important
| Entreprise A | Entreprise B | |
|---|---|---|
| Solde final | 500 000 | 400 000 |
| Point bas | 50 000 | 250 000 |
Laquelle semble la plus confortable ? L'entreprise B, même si elle termine la période avec moins d'argent. Pourquoi ? Parce qu'elle n'est jamais descendue aussi bas : elle possède davantage de marge de sécurité pendant la période. C'est pourquoi un bon tableau de trésorerie doit permettre de voir le niveau le plus faible avant les prochaines entrées.
5. Commencez par votre solde réel
La première ligne de votre tableau doit être votre trésorerie disponible aujourd'hui. Mais attention : ne prenez pas uniquement l'argent d'un seul compte. Selon votre organisation, vous pouvez devoir considérer la caisse, le compte bancaire professionnel, les comptes de paiement professionnels, les autres liquidités réellement disponibles. En revanche, évitez de compter deux fois le même argent : si vous transférez 100 000 FCFA de votre banque vers votre caisse, ce n'est pas +100 000 FCFA d'argent nouveau, c'est simplement un changement d'emplacement.
6. Listez ensuite toutes les entrées prévues
Vous pouvez avoir des ventes comptant, des paiements clients, des acomptes, des remboursements, des revenus divers, d'autres encaissements prévus. Mais il faut être prudent : un argent attendu n'est pas nécessairement un argent certain. « Mon client va probablement me payer vendredi » n'est pas équivalent à « le paiement est confirmé pour vendredi. » La différence peut être essentielle lorsque votre trésorerie est serrée.
7. Classez les encaissements selon leur fiabilité
| Encaissement | Montant | Date | Certitude |
|---|---|---|---|
| Client A | 200 K | J+2 | 🟢 |
| Client B | 300 K | J+4 | 🟠 |
| Client C | 500 K | J+6 | 🔴 |
En distinguant certain, probable et incertain, votre tableau devient beaucoup plus réaliste, et vous ne construisez plus vos décisions sur des entrées fragiles.
8. Ne faites pas dépendre une dépense critique d'un encaissement incertain
Vous devez payer 300 000 FCFA dans trois jours. Vous avez actuellement 400 000 FCFA. Un client doit vous envoyer 500 000 FCFA dans deux jours. Vous pourriez vous dire « aucun problème. » Mais si ce paiement est incertain, vous avez peut-être une faiblesse. Votre entreprise doit pouvoir survivre à un retard raisonnable de cet encaissement. C'est justement l'intérêt de la projection : elle révèle cette dépendance.
9. Listez maintenant toutes les sorties
Les sorties peuvent comprendre les achats de marchandises, les fournisseurs, les salaires, le loyer, le transport, l'énergie, la communication, les taxes, les remboursements, les investissements, les retraits du propriétaire, les autres dépenses. Ne vous contentez pas des grosses dépenses : les petites sorties répétées peuvent également modifier fortement votre trésorerie.
10. Classez également les sorties
Toutes les dépenses n'ont pas le même niveau d'urgence. Vous pouvez les classer en obligatoire (vous devez payer), nécessaire (important pour continuer à fonctionner), reportable (peut être déplacée dans le temps) et discrétionnaire (peut être supprimée ou reportée sans conséquence majeure). Cette classification est extrêmement utile lorsque votre trésorerie devient tendue.
11. Votre premier tableau prévisionnel
Prenons un commerce qui dispose aujourd'hui de 800 000 FCFA.
| Jour | Entrées | Sorties | Solde prévu |
|---|---|---|---|
| Aujourd'hui | 0 | 0 | 800 000 |
| J+1 | 100 000 | 50 000 | 850 000 |
| J+2 | 150 000 | 200 000 | 800 000 |
| J+3 | 0 | 100 000 | 700 000 |
| J+4 | 300 000 | 50 000 | 950 000 |
| J+5 | 0 | 400 000 | 550 000 |
| J+6 | 100 000 | 100 000 | 550 000 |
| J+7 | 200 000 | 150 000 | 600 000 |
Le solde final est de 600 000 FCFA, et le point bas de 550 000 FCFA. La situation semble confortable. Vous pouvez donc analyser une nouvelle décision.
12. Maintenant ajoutons une dépense de 300 000 FCFA
Vous envisagez d'acheter du stock à 300 000 FCFA et vous l'ajoutez au jour 2. Le solde du jour 2 tombe à 500 000, celui du jour 3 à 400 000, et surtout votre point bas passe de 550 000 à 250 000 FCFA au jour 5. La décision reste peut-être possible, mais votre point bas a beaucoup baissé. Vous venez donc de voir quelque chose que votre solde actuel ne vous montrait pas : la dépense est possible, mais elle réduit votre marge de sécurité.
13. Maintenant supposons qu'un client paie avec 5 jours de retard
Le paiement de 300 000 FCFA prévu en J+4 n'arrive pas. Le tableau change immédiatement.
| Jour | Solde avec paiement | Solde sans paiement |
|---|---|---|
| J+4 | 650 K | 350 K |
| J+5 | 250 K | −150 K |
| J+6 | 250 K | −150 K |
| J+7 | 300 K | −100 K |
Voilà pourquoi la prévision est importante. Dans le scénario normal, tout semble passer. Dans le scénario retard, vous tombez en trésorerie négative. Vous venez donc de découvrir un risque avant qu'il ne se produise.
14. C'est exactement ce que doit faire une bonne gestion de trésorerie
Elle ne doit pas seulement vous dire « vous avez 800 000 FCFA. » Elle doit vous permettre de voir : « avec les mouvements prévus, votre trésorerie devrait atteindre 250 000 FCFA au point le plus bas ; si l'encaissement de 300 000 FCFA est retardé, vous pourriez devenir négatif. » Cette information est beaucoup plus utile, parce qu'elle permet d'agir : retarder l'achat, réduire la commande, négocier avec le fournisseur, accélérer l'encaissement, conserver davantage de réserve, supprimer une dépense non essentielle.
15. Votre tableau doit devenir un outil de décision
Ne construisez pas un tableau uniquement pour « faire des comptes. » Utilisez-le pour répondre à des questions. Puis-je payer ce fournisseur ? Ajoutez le paiement, regardez le point bas. Puis-je acheter ce stock ? Ajoutez la commande, regardez le scénario. Puis-je retirer de l'argent ? Ajoutez le retrait, observez l'impact. Puis-je investir ? Simulez la sortie, regardez les obligations suivantes. Le tableau devient alors un véritable simulateur de décisions.
16. La différence entre prévision et certitude
Une projection n'est jamais une boule de cristal. Elle dépend de vos hypothèses. Si vous prévoyez 500 000 FCFA d'encaissements mais que le client paie finalement 300 000 FCFA, votre projection doit être révisée. C'est normal. L'objectif n'est pas d'être parfaitement précis, l'objectif est de voir suffisamment tôt les situations qui pourraient devenir problématiques.
17. Faites trois scénarios
Pour les décisions importantes, créez trois scénarios : favorable (les encaissements arrivent comme prévu), normal (les résultats correspondent à votre rythme habituel), prudent (certains encaissements sont retardés et certaines dépenses augmentent).
| Favorable | Normal | Prudent | |
|---|---|---|---|
| Encaissements | 800 K | 600 K | 400 K |
| Sorties | 500 K | 550 K | 650 K |
| Trésorerie finale | 1,1 M | 850 K | 550 K |
Cette méthode vous permet de voir la résistance de votre entreprise, c'est-à-dire jusqu'où elle peut absorber un mauvais scénario.
18. Une bonne projection doit aussi montrer le futur proche
Pour une petite entreprise, vous pouvez commencer par J+7, très utile pour les décisions immédiates. Puis élargir à J+30, pour avoir une vision plus large. Et éventuellement à J+90, pour les décisions plus importantes. Mais il vaut mieux avoir une projection simple et régulièrement mise à jour qu'un énorme tableau que vous n'utilisez jamais.
19. Le tableau quotidien
Si votre activité possède beaucoup de mouvements, utilisez un tableau quotidien avec solde de début, encaissements, décaissements et solde de fin.
| Date | Solde début | Encaissements | Décaissements | Solde fin |
|---|---|---|---|---|
| Lundi | 500 K | 200 K | 150 K | 550 K |
| Mardi | 550 K | 100 K | 250 K | 400 K |
| Mercredi | 400 K | 300 K | 100 K | 600 K |
| Jeudi | 600 K | 150 K | 200 K | 550 K |
| Vendredi | 550 K | 250 K | 300 K | 500 K |
Vous voyez immédiatement le mouvement de l'argent, jour après jour.
20. Le tableau hebdomadaire
Si votre activité est moins volatile, vous pouvez travailler par semaine, avec solde de début, entrées, sorties et solde de fin. Cela permet déjà d'identifier les périodes de tension sur un horizon plus large.
21. Ne mélangez pas prévision et réalité
Votre tableau devrait pouvoir distinguer ce qui était prévu de ce qui s'est réellement produit.
| Mouvement | Prévu | Réel | Écart |
|---|---|---|---|
| Client A | 300 K | 300 K | 0 |
| Client B | 200 K | 100 K | −100 K |
| Stock | 400 K | 450 K | +50 K |
| Transport | 100 K | 140 K | +40 K |
Vous commencez alors à comprendre la qualité de vos prévisions, et à les ajuster au fil du temps.
22. Si vos prévisions sont toujours fausses, cherchez pourquoi
Supposons que vous prévoyiez systématiquement 500 000 FCFA d'encaissements mais que vous receviez en moyenne 350 000 FCFA. Votre problème n'est peut-être pas seulement le manque d'argent : c'est aussi la qualité de votre prévision. Vous êtes peut-être trop optimiste. Vous devez alors ajuster vos hypothèses. Une bonne prévision apprend du passé.
23. Votre tableau doit intégrer les paiements certains
Certains paiements ne sont pas négociables : salaire, loyer, échéance contractuelle, facture importante, obligation fiscale selon votre situation, remboursement prévu. Ils doivent apparaître clairement, parce qu'un entrepreneur ne doit pas considérer cet argent comme disponible simplement parce qu'il est encore sur son compte.
24. Distinguez l'argent disponible de l'argent réservé
Vous avez 1 000 000 FCFA. Mais vous devez garder 300 000 FCFA pour les salaires. Votre argent réellement libre n'est pas 1 000 000, il est plutôt de 700 000 FCFA, avant autres engagements. Cette logique doit apparaître dans votre tableau.
25. Ajoutez une ligne de réserve
Vous pouvez définir une ligne « réserve minimale souhaitée », par exemple 300 000 FCFA. Si votre projection descend en dessous, vous obtenez un signal. Cela ne signifie pas automatiquement « entreprise en danger. » Cela signifie « ma marge de sécurité devient faible, je dois regarder mes prochaines décisions. » Le niveau de réserve doit être adapté à votre entreprise.
26. Utilisez un code simple
Vous pouvez attribuer trois niveaux à votre trésorerie projetée. 🟢 Vert : au-dessus de votre réserve, situation confortable. 🟠 Orange : proche de votre réserve, attention aux nouvelles dépenses. 🔴 Rouge : sous votre seuil de sécurité ou risque de trésorerie négative, action nécessaire. Cette lecture est beaucoup plus rapide qu'un tableau rempli de chiffres.
27. Le timing peut être plus important que le total
Supposons que vous deviez payer 500 000 FCFA lundi et recevoir 500 000 FCFA vendredi. Sur la semaine, +500 000 − 500 000 = 0, cela s'équilibre. Vous pourriez penser « ça va. » Mais lundi, l'argent n'est pas encore arrivé. Si vous ne possédez pas suffisamment de liquidités pour couvrir le paiement, vous avez un problème. C'est pourquoi un problème de trésorerie est souvent un problème de calendrier.
28. Le tableau permet de découvrir les collisions
Une collision se produit lorsque plusieurs sorties importantes arrivent avant une entrée importante. Exemple : lundi −300 000, mardi −200 000, mercredi −150 000, jeudi +600 000. Même si la semaine se termine positivement, les trois premiers jours peuvent être très tendus. Vous devez donc regarder les journées critiques, pas seulement le résultat de fin de période.
29. Le modèle minimal à reproduire
| Date | Début | Entrées | Sorties | Projeté | Réserve | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Aujourd'hui | 800 K | 0 | 0 | 800 K | 300 K | 🟢 |
| J+1 | 800 K | 100 K | 50 K | 850 K | 300 K | 🟢 |
| J+2 | 850 K | 150 K | 400 K | 600 K | 300 K | 🟢 |
| J+3 | 600 K | 0 | 250 K | 350 K | 300 K | 🟠 |
| J+4 | 350 K | 300 K | 100 K | 550 K | 300 K | 🟢 |
| J+5 | 550 K | 0 | 350 K | 200 K | 300 K | 🔴 |
Le cinquième jour révèle immédiatement le problème. Même si vous terminez plus tard avec suffisamment d'argent, vous avez identifié un passage critique.
30. Votre tableau peut devenir un véritable système d'alerte
Au lieu de simplement constater « ma trésorerie est basse », vous pouvez avoir « dans trois jours, ma trésorerie projetée risque de passer sous mon seuil de sécurité. » Cette différence est fondamentale. Dans le premier cas, vous réagissez. Dans le second, vous anticipez. Et plus vous anticipez, plus vous avez d'options : accélérer une entrée (relancer un client, demander un acompte), décaler une sortie (négocier un fournisseur, reporter un achat), réduire une sortie (acheter moins, choisir une alternative), protéger la réserve (éviter un retrait personnel), ou revoir la décision et simplement ne pas dépenser maintenant.
31. Les erreurs les plus fréquentes
- Ne regarder que le solde bancaire : vous ignorez le futur.
- Compter les ventes comme des encaissements : une vente à crédit n'est pas encore du cash.
- Oublier les petites dépenses : elles s'accumulent.
- Oublier les dettes fournisseurs : une obligation future reste une obligation.
- Compter deux fois les transferts internes : un transfert n'est pas une nouvelle entrée.
- Intégrer tous les encaissements comme certains : un paiement incertain n'est pas du cash garanti.
- Regarder uniquement le solde final : le point bas peut être bien plus important.
- Ne jamais actualiser le tableau : une prévision ancienne devient vite peu utile.
32. Le tableau ne sert pas à prévoir parfaitement l'avenir
Il sert à vous donner du temps. C'est sa véritable valeur. Si vous découvrez un problème le jour où l'argent manque, vous avez peu d'options. Si vous le découvrez cinq jours avant, vous pouvez encore négocier, reporter, réduire, relancer, réorganiser. C'est pourquoi la prévision de trésorerie est un outil de décision, pas un exercice comptable.
- Votre solde réel. Le Tableau de bord réunit caisse, banque et Mobile Money.
- Entrées attendues. Les créances du Carnet apparaissent avec leur échéance.
- Sorties à venir. Fournisseurs et dépenses régulières sont pris en compte.
- Le point bas. Vous voyez où votre trésorerie risque de descendre, avant de décider.
Commencez dès aujourd'hui
Vous n'avez pas besoin d'attendre la fin du mois. Prenez simplement votre solde actuel, puis listez pour les sept prochains jours tous les encaissements attendus, tous les paiements certains, les dépenses probables et les décisions que vous envisagez. Puis calculez chaque jour : solde précédent + entrées − sorties. Ensuite, trouvez le point le plus bas. C'est probablement le chiffre que vous regardiez le moins jusqu'ici, et pourtant celui qui vous dit le plus sur votre situation.
Conclusion : ne gérez plus votre trésorerie en regardant uniquement ce qu'il vous reste
Un entrepreneur peut connaître son solde bancaire au centime près et pourtant ne pas savoir s'il peut se permettre une dépense, parce que le solde actuel ne raconte qu'une partie de l'histoire. La vraie histoire se trouve dans la trajectoire : ce qui entre, ce qui sort, quand cela entre, quand cela sort, ce qui est certain, ce qui est incertain, et le niveau auquel votre trésorerie risque de descendre.
Un tableau de trésorerie simple permet déjà de transformer une question vague (« est-ce que ça devrait passer ? ») en une question beaucoup plus précise (« voici ce que ma trésorerie devrait devenir si les mouvements prévus se réalisent »). Et cette visibilité change la manière de gérer une entreprise : vous pouvez anticiper, négocier, reporter, réduire, accélérer un encaissement, ou simplement décider de ne pas faire une dépense maintenant. Parce que le véritable avantage d'une prévision de trésorerie n'est pas de prédire parfaitement l'avenir : c'est de voir les problèmes avant qu'ils deviennent urgents. Et plus vous voyez tôt, plus vous avez de choix.
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